VA N°28 – Point marché – Céréales

Cela semblait impossible au 21ème siècle, mais la guerre a bel et bien éclaté entre la Russie et l’Ukraine.

Après plusieurs semaines de tensions entre ces deux pays, le jeudi 24 février dernier la Russie décida d’envahir son pays voisin l’Ukraine. La réaction des marchés des matières premières agricoles n’en fut que plus violente, avec une envolée des cours sur des niveaux jamais atteints jusque-là. Et pour cause, l’Ukraine et la Russie représentent 29% des exportations mondiales de blé, 18% des exports de maïs et 30% des exportations mondiales d’orges.

A fin janvier l’Ukraine avait encore 6 MT de blé à exporter dans le monde et surtout plus de 15 MT de maïs à exporter à partir de ses ports sur la mer Noire. Depuis le début du conflit, plus aucun port d’Ukraine ne charge de céréales. De plus, la Russie a également des difficultés à exporter ses céréales. En effet, beaucoup de bateaux ne souhaitent plus charger en Russie et certains armateurs ne souhaitent pas prendre le risque d’amener des bateaux en mer Noire considéré comme zone de conflit. Enfin les sanctions prises par la communauté internationale envers la Russie, pourraient perturber voire bloquer les opérations d’exports de ce dernier. Par conséquent, c’est potentiellement 16 MT de blé qu’il faudrait compenser par le marché mondial d’ici juin. Les acheteurs cherchent donc d’autres origines en catastrophe. Malheureusement et cela en raison des stocks bas chez les principaux exportateurs en céréales, il y a peu de volume disponible dans les origines alternatives à court terme. Cela entraine donc les prix des céréales sur la fin de la campagne 2021 sur des niveaux records en Europe comme aux Etats-Unis avec une volatilité extrême.

Les premiers éléments pour la récolte 2022 nous parviennent. Factuellement, les stocks début de campagne vont être une nouvelle fois très bas, ne laissant aucune place à un incident climatique majeur chez l’un des principaux exportateurs. De plus, les surfaces de blés dans l’hémisphère Nord sont en recul (Europe, mer Noire) laissant place aux cultures oléagineuses plus rémunératrices.

Tous ces fondamentaux sont pour le moment mis de côté, puisque le marché se demande si la guerre entre la Russie et l’Ukraine entraînera des conséquences sur la prochaine campagne si le conflit dure. Les agriculteurs Ukrainiens auront-ils la possibilité de semer ou non ?