Scara - Coopérative agricole céréalière Aube

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L’année 2026 semble bien partie pour marquer les livres d’histoire. En ce début d’année, c’est surtout la nouvelle inflexion autoritaire dans la politique internationale états-unienne du 2e mandat du président Donald J. Trump qui retient l’attention.

Réactivant la doctrine Monroe, le 47e locataire de la maison blanche durcit le ton à l’égard du régime de la Havane et sur l’ensemble du sous-continent américain.

La capture du dictateur vénézuélien Nicolàs Maduro, le 6 janvier 2026 illustre cette orientation interventionniste. Mis à mal sur la scène nationale (Epstein files, élection de mi-mandat, etc…), Trump renforce son action dans les affaires du monde et, le 28 février 2026, lance avec l’allié israélien une campagne de bombardements sur l’Iran.

Ce faisant, l’objectif indirect des USA commence à se faire jour : mettre la pression sur Pékin en coupant ses flux d’importations d’hydrocarbures (pétrole vénézuélien et iranien, GNL iranien). Sans faire oublier, entre autres conséquences de l’ouverture de ce conflit, la déstabilisation croissante du Moyen-Orient aux répercussions concrètes sur les marchés des énergies et des matières premières.

Pendant ce temps la résolution du conflit russo-ukrainien (l’« opération spéciale » russe est rentrée dans sa 4e année) semble dans l’impasse.

 Les négociations sont ralenties dans le contexte actuel alors que les tensions se font plus exacerbées que jamais entre Kiev et Budapest, que Moscou cible de façon méthodique les infrastructures énergétiques ukrainiennes et que Washington cherche à forcer Zelensky à un deal contraignant le pays à abandonner une part de son territoire. Plus à l’Est, le Pakistan a déclaré la guerre à l’Afghanistan et l’Asie orientale tâche de faire face aux difficultés d’accès au pétrole de la péninsule arabique.

La Chine elle, est rentrée dans son 15e plan quinquennal ce mois-ci avec à la clef ses objectifs à 2030 notamment autour de sa relation avec Taïwan, de la guerre commerciale avec les États-Unis, de l’IA, des énergies renouvelables, etc…


OLÉAGINEUX :


Dans ce contexte global perturbé, la question des matières premières agricoles subit les mouvements de marché, alimentés par les tensions géopolitiques. La progression des prix du pétrole est un message positif lancé aux oléagineux, assez fortement corrélés au cours du baril. Les surfaces en soja, colza/canola et autres tournesols sont sans trop de surprises, annoncées en hausse pour 2026-27.

Malgré cela, avec une activité de trituration qui reste soutenue grâce à des marges suffisantes, le marché devrait rester sous tension tout au long de l’année au niveau mondial, au gré de la pression moisson sur les différentes zones de production.

Côté UE, l’attention se portera dans un 1e temps sur le canola canadien dont les volumes de report importants viendront mettre la pression sur les cours avant que l’Ukraine ne rentre dans le jeu avec sa récolte.


BLÉ :

En céréales, les blés devraient voir leurs surfaces se stabiliser en 2026-27 au niveau mondial et, couplé à un recul des rendements après les résultats exceptionnels de 2025-26, avec des volumes de report plus importants, le disponible devrait se stabiliser chez les principaux pays exportateurs.


Côté français, nous serons attentifs à rester compétitifs afin de sécuriser les flux chez nos débouchés historiques, même si la bonne récolte prévisionnelle au Maroc pourrait nous poser des difficultés. Pour rappel, suite à l’arrêt des relations avec l’Algérie, mis à part quelques navires sur l’Egypte et l’Afrique de l’Ouest, le royaume marocain est aujourd’hui le 1e importateur extra-UE de blés hexagonaux.


ORGE :



En ce qui concerne les orges, le dynamisme des échanges sur 2025-26 prône pour une stabilisation de la céréale dans la sole des principaux pays exportateurs sur 2026-27. Les rendements devraient revenir à la normale conduisant à une production sur le reculoir d’une année sur l’autre et un disponible en baisse malgré des stocks de report plus importants qu’en 2024-25.
Le débouché brasserie semble durablement affecté par le faible dynamisme de la consommation mondiale qui conduit à une rationalisation des capacités de production, notamment en Europe (fermetures de malteries, report de projets d’investissements, etc…).
Le potentiel de développement reste attaché aux pays centrafricains et au sous-continent asiatique. Le débouché fourrager pourrait être l’élément de dynamisation de ce marché avec des besoins, notamment chinois, toujours soutenus et qui pourraient être moins alimentés par l’Australie (qui sort d’une campagne exceptionnelle).